B. L' insertion urbaine de la Tour, du choix de son emplacement à aujourd'hui

  * Avant la construction *

         L’emplacement de la Tour a suscité de nombreuses hésitations. Ses opposants souhaitaient l’éloigner du centre ville de Paris tandis que d’autre la voulait indissociable de l’exposition universelle de 1889 c’est à dire dans le centre même. Ainsi, le choix de son implantation fut très vite réduit à deux hypothèses : le Trocadéro et le Champ de Mars.

Pour les partisans du Trocadéro, la Tour de 300 mètres devait être construite sur un point élevé.  Seulement, cet emplacement n’aurait fait gagner qu’une hauteur de 25 mètres environ, chiffre bien minime relativement aux 300 mètres de la Tour. De plus, cette place n’était pas propice à la mise en valeur d’un tel édifice du fait de la présence du Palais du Trocadéro, édifié pour l’exposition de 1878 (confrontation architecturale difficile) et de la présence de carrière en sous-sol. C’est, lui, pour son emplacement géographique (fond de la Vallée de la Seine) que le Champ de Mars ne semblait pas propice à accueillir un édifice d’une telle grandeur. De plus, selon certains, elle « écraserait les monuments voisins » ; « la Tour grande ferait l’exposition petite » disait-on.

 

         La possibilité d’utiliser la Tour comme entrée de l’Exposition universelle de 1889 a définitivement convaincus les organisateurs de l’exposition de retenir l’emplacement du Champ de Mars, évitant ainsi la construction d’une autre entrée qui aurait ajouté des dépenses. La Tour formerait donc une « entrée triomphale » et c’est donc sur le Champ de Mars que fut construite la Tour de 300 mètres en 1889.

 

*Après la construction *

         Dès la fermeture de l’exposition de 1900, fort du succès de la Tour lors de cette dernière, un débat urbain est lancé autour Champ de Mars. Le préfet de la Seine Julien de Selves prévoit de l’aménager grâce à un projet qui consistait à la mise en place d’un grand parc urbain, ce qui briserai l’isolement entre le septième et le quinzième arrondissement, en établissant une communication entre le quartier alors populaire de Grenelle et le reste de la ville. Conscient de l’importance des travaux à réaliser le préfet de la Seine décide de soumettre ses études à la commission du vieux Paris d’une part et au comité technique de la préfecture de la Seine d’autre part. Une fois les avis recueillis c’est Adolphe Chérioux, alors conseiller municipal, qui présente le projet le 27 novembre 1903. Les constructions autour de la Tour sont par la suite réglementées : il ne pourra s’agir que de maisons bourgeoises ; aucun genre de commerce ou d’industrie ne pourra y être exercé à moins d’autorisation spéciale de la Ville de Paris. Les façades doivent être identiques d’une part et d’autre du parc, de même hauteur notamment; et un article règlemente même les grilles de ces façades. Des nouvelles voies transversales de circulation seront aussi aménagées. L’Administration propose aussi de prendre  des résolutions comme le respect de la vue sur toute l’étendue longitudinal donnant sur la façade de l’Ecole militaire, par la création d’avenue et de jardins à la Française, et celle de jardins à l’Anglaise sur les côtés latéraux. Enfin on a la  création d’espaces de jeux au sein du parc.

 

        

 L'évolution du Champ de Mars,qui à su, du XVIIIè siècle à nos jours, s'adapter à sa Dame de fer...

L’intégration de la tour dans le paysage passe aussi par la couleur de sa peinture. Depuis sa construction la Tour Eiffel fût repeinte de trois couleur différentes, a sa construction elle était en brun- rouge puis elle fût jaune ocre et enfin marron, aujourd’hui encore. Etant donné sa forme la Tour est peinte en différents tons dégradés de la base au sommet. Trois différents tons sont nécessaires pour que la Tour ait l’air d’avoir une couleur homogène.

 Au cours du temps la ville de Paris et ses habitants se sont donc bien adaptée à la présence de la Tour Eiffel, en l’intégrant au mieux sur le champ de Mars et dans tout son quartier, le VIIe arrondissement.

Cependant, si la ville s’est bien adaptée à la Tour, cette dernière aussi a du s’adapter, en faisant face notamment à la pollution, qui nécessite un entretien constant de la Dame de fer…

 

* L’entretien de la tour, gage son intégration dans Paris

        

La pollution dans laquelle baigne la Tour Eiffel est typiquement urbaine. Et la nature ainsi que l’origine des principaux agresseurs qui la caractérisent varient avec l’altitude et les vents dominants. Jusqu’au premier étage, les pigeons souillent et altèrent sévèrement la peinture, qui doit être refaite tous les 10 ans, et tous les 5 ans au-delà. Car entre le premier et le deuxième étage, ce sont les gaz d’échappement des voitures qui prédominent, et au-dessus, les fumées des rejets urbains.

 

Des enregistrements vidéographiques du monument ont permis de cartographier l'origine et la nature de ces pollutions afin de mieux adapter les modalités des futures campagnes. Ainsi, depuis 2002 la peinture n’est refaite que tous les 10 ans entre le sol et le premier étage, et tous les 5 ans entre le premier étage et le sommet alors qu’elle était auparavant refaite sur l’ensemble de la tour tous les 7 ans. Les zones les plus affectées de la Tour se trouvent principalement localisées entre le 2° étage et le sommet. Pour l'essentiel, elles concernent les poutres horizontales, les goussets et les rivets d'arbalétriers, ainsi que les raidisseurs tels que cornières et plats. En revanche, et parce qu'ils sont convenablement ventilés et abrités des pluies, les intérieurs d'arbalétriers n'ont jamais révélé de forme sérieuse d'enrouillement apparent..

Pour faire face à ces pollutions et pour un entretien sérieux, les traitements de surface de la tour se déroulent en deux temps :

         - une préparation mécanique, qui consiste en un piquage au marteau d’abord, afin d’éliminer les écailles de peinture puis en un « discage », qui termine de mettre le métal à nu, grâce à l’utilisation d’un abrasif.

         - revêtement de peinture.

 

Actuellement, quelques deux cent mille mètres carré de surfaces métalliques sont repeints à l'issue de chaque campagne, qui nécessite soixante tonnes de peinture. Vingt-cinq peintres rigoureusement sélectionnés forment l'équipe d'entretien dont il convient d'assurer : la sécurité d'une part comme celle du public, par des lignes de vie et des filets de protection ; et l'équipement nécessaire d'autre part (brosses, gants protecteurs en cuir, combinaisons et disques de meulage).

La gamme de peinture actuellement en place est composée de deux couches de « primaire » complétées par une finition, dont la couleur présente trois teintes dégradées. Ces peintures, de formules proches, sont très riches en huile siccative, ce qui simplifie le travail des peintres et facilite les recouvrements au pinceau.

En certaines zones de la Tour, l'adhérence limite du revêtement est aujourd'hui atteinte, du fait de la sévérité des contraintes climatiques, des déformations mécaniques, des revêtements successivement appliqués. C'est pourquoi, de nouvelles formules sont testées en vraie grandeur sur le monument, parmi lesquels seront choisis les préparations, les primaires d'adhérence, les liants et la pigmentation du futur… Une utilité scientifique de plus à rajouter à cette Dame de fer, véritable défi scientifique de son temps.

 

 

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